Agenda

Jacques Chessex à la Kantonsschule Oerilkon

 

 
Der westschweizer Autor Jacques Chessex hat am 11. Mai 2009 aus seinem neusten Buch Un Juif pour l'Exemple gelesen und danach Schreibateliers für SchülerInnen durchgeführt.

La découverte de la force de l'expression
Sara Antunes et Selina Morger (6v)

Lors d'une lecture de Jacques Chessex, les élèves de cinquième et de sixième ont eu la possibilité de rencontrer personnellement l'auteur suisse-romand dont le roman récemment paru "Un Juif pour l'exemple" a eu beaucoup de succès. Il s'agit d'un cas dans l'histoire du fascisme en Suisse qui a beaucoup marqué l'auteur. Jacques Chessex a porté ce drame dans sa tête et dans son cœur pendant toute sa vie de sorte qu'il a dû écrire un livre là-dessus : l'histoire d'un juif assassiné par des nazis, évènement dont l'auteur a été témoin comme enfant, car lui aussi, il vivait à Payerne où les nazis ont décidé de tuer un juif afin de faire un cadeau à Hitler pour son anniversaire, le 20 avril 1942.

C'était donc dans notre "Aula" que Jacques Chessex nous a parlé de ses angoisses, de ses rapports avec les gens de Payerne et de ses motivations. Bien que ses réponses aient parfois été longues jusqu'au point où quelques élèves n'ont plus pu suivre, on a bien noté que son métier lui plaisait et que son expérience de vie est riche et étonnante. Un écrivain sérieux mais quand même divertissant...

Une douzaine d'élèves a même eu l'honneur de passer à peu près six heures avec Monsieur Chessex dans un atelier d'écriture. Nous étions de nouveau fascinés des connaissances de l'écrivain, de ce qu'il nous racontait et de la façon dont il nous parlait. On pourrait bien penser qu'un homme qui a vécu tellement de choses et qui est très connu serait froid face aux élèves. Mais bien au contraire, il nous a traité comme des amis. Il nous a même dit à la fin: "Au revoir, mes amis". Des mots simples qui ont beaucoup d'importance, car lui, il sait bien travailler avec les jeunes et il n'a aucun problème à exprimer ses pensées très émouvantes.
Pendant le temps qu'on a passé ensemble il nous a fait faire trois exercices d'écriture : d'abord, il nous a invités à écrire un poème soit sur une personne qu'on aime beaucoup, soit sur un animal domestique ou soit encore sur une personne célèbre qu'on admire. "A partir de maintenant je vous donne sept minutes", il l'a dit comme si c'était la chose la plus normale d'écrire un poème en sept minutes. Il y avait quelques-uns parmi nous qui n'avaient jamais écrit un poème dans leur vie et qui pensaient ne pas être capables de le faire. Mais quand, après le temps donné, Jacques Chessex nous a demandé de lire à haute voix nos résultats, tout le monde avait quelque chose à présenter. Pour donner une idée, voilà le poème de Tarah Ladouceur :

Papillon

Je ne suis rien et je ne sers à rien
Je ne suis qu'une bestiole, qu'un vaut rien
Un jour, je sais
Tout deviendra parfait
Ce jour je me transformerai
En quelque chose d'époustouflant et vrai
Je battrai des ailes et j'atteindrai le ciel
Ma vie sera sans difficulté et douce comme le miel
Je profiterai de ce jour béni
Car c'est le seul qui m'est permis


Ensuite il nous a demandé d'écrire un poème sur n'importe quel objet banal. En nous faisant faire cela, Jacques Chessex voulait nous montrer qu'on peut écrire sur tout ce qu'on veut, comme par exemple une table vide ou une boucle d'oreille. Nous étions vraiment surpris qu'on puisse composer de si beaux textes sur un objet si banal. En fait, c'est Monsieur Chessex, qui nous a enseigné à nous exprimer sur n'importe quoi. Selon lui, la langue est faite pour être employée sans limites. Le prochain exercice a été une occasion pour laisser libre cours à l'imagination et à la langue: "Il ouvrit la porte et entra." Le monsieur en jeans bleu et en t-shirt noir nous a lu cette phrase en disant que c'était la première phrase de l'histoire qu'on allait écrire dans les vingt minutes suivantes. "Au travail, les élèves !" La phrase suggérée nous a tellement inspirés que personne n'a eu de la peine à écrire une histoire en vingt minutes. Les résultats étaient si différents que des fois, on a ri, et d'autres fois, on était ému à cause des histoires si naturellement écrites.

L'atelier avec l'écrivain Jacques Chessex nous restera en bonne mémoire. Des moments de rire qu'on a beaucoup appréciés, les histoires anciennes qu'il nous a racontées et même la chanson qu'on a chantée ensemble ont fait que ces heures passées en petit groupe ont été une bonne distraction de la vie quotidienne de l'école. Son sérieux et son humour sa simplicité et son amitié, c'est ce que nous retenons de Jacques Chessex. "A bientôt", c'était un de ses derniers mots. Peut-être que très bientôt on pourra lire des textes connus de quelqu'un qui a fréquenté cet atelier - de toute façon, de vrais écrivains se sont révélés ces jours-là, en grande partie grâce à Monsieur Chessex.